Entrevue

Claude Hébert : sa victoire contre la colite ulcéreuse

Ancien policier à la retraite, Claude Hébert a souffert de la colite ulcéreuse pendant 30 ans. En avril dernier, il a pris connaissance de l’existence de mon programme par une entrevue accordée dans un journal local. N’ayant plus rien à perdre, Claude a tenté l’expérience. À sa grande surprise, il a constaté les bienfaits du régime alimentaire sans sucres et sans levures. Aujourd’hui dans un magnifique parc en Estrie, il nous confie son parcours et sa victoire contre la colite ulcéreuse.

Nathalie Martin : Je te remercie de m’accorder cette entrevue. C’est très généreux de ta part. Qu’est-ce qui te motive aujourd’hui à partager ton expérience avec le public?
Claude Hébert : Je ne peux pas garder ça sous silence. Grâce à toi, j’ai retrouvé la joie de vivre et 90% de ma santé. Je peux te confirmer que ton régime fonctionne. En ce moment je suis ton régime depuis 2 mois et demi et mon état ne fait que s'améliorer. Si je peux partager mon expérience et motiver les gens… parce que c’est un régime qui demande de la discipline. Tous ceux qui sont malades vont avoir des bienfaits à embarquer là-dedans, ça c’est certain, j’en suis persuadé.

NM : Parle-moi de ton parcours avec la maladie.
CH : C’est vers 1975 que j’ai commencé à ressentir les premiers symptômes. J’avais dans la vingtaine à cette époque. Ça fait près d’une trentaine d’années que je vis avec cette maladie. J’ai eu des périodes de rémissions qui duraient parfois 4-5 ans, et ensuite je retombais malade pendant un an ou deux. Durant toutes ces années, je n’ai pas pris beaucoup de médicaments sauf des anti-inflammatoires. Aujourd’hui je continue à en prendre, mais vu l’efficacité du régime j’ai pas mal slacké, j’en prends beaucoup moins.

NM : Comment vivais-tu avec la maladie au quotidien?
CH : Quand tu vas à la toilette 7 à 10 fois par jour, tu deviens vidé, tu es faible. À 8h00 le soir, tout ce que je voulais c’était aller me coucher. Je n’avais pas d’entrain, pas d’énergie, sans compter les fausses envies, ça c’était fatiguant. Les pires moments c’était le sang. Quand tu vois plein de sang dans la toilette, ça c’est paniquant. Ce sont des moments pénibles. À un moment donné, y a plus grand-chose qui te tente.

NM : Moi j’étais un peu dépressive…
CH : Je pense qu’on l’est tous même si on ne veut pas se l’avouer. Tu souffres d’insécurité. C’est l’insécurité la grosse affaire. Tu ne veux pas faire dans tes culottes, c'est le problème de cette maladie. Je connais toutes les toilettes aux alentours. Celles des épiceries, des magasins…ça devient obsessif. Tu ne veux pas être pris au dépourvu. Ça ne veut pas dire que ça va arriver, mais tu ne veux pas te mettre dans la merde. Tu t’empêches de faire des choses à cause de ça. Il y a beaucoup de choses que je me suis empêché de vivre, parce que ça limite tes déplacements.

NM : C’est vrai que c’est une maladie débilitante.
CH : En plus de ça,  je suis en couple. La personne avec toi, elle comprend, mais en même temps elle ne comprend pas. Elle n’est pas dans tes bottines.  Elle sait qu’il se passe de quoi, que tu es toujours à la toilette. Elle voit bien aussi que tu n’es pas toujours capable de faire des activités.

NM : Beaucoup de gens aux prises avec la colite ulcéreuse souffrent également d’une maladie secondaire (maladie qui résulte d’une autre maladie), était-ce ton cas?
CH : Oui, l’été passé j’ai souffert du psoriasis, c’était l’enfer, je ne souhaite pas ça à personne. J’en avais partout sur le dos et les jambes, j’avais de la misère à dormir parce que je me grattais durant la nuit. Le lendemain matin je voyais des spots de sang dans mes draps.

NM : Et aujourd’hui?
CH : En faisant le régime cela a amélioré, je n’ai quasiment plus rien sauf quelques traces et des cicatrices sur mes jambes.

NM : Pendant toutes ces années, as-tu tenté des expériences personnelles pour te débarrasser de cette maladie?
CH : J’ai découvert au début que j’avais un problème avec le lactose, j’aimais beaucoup le fromage. La crème fouettée aussi. J’ai essayé quelques régimes, mais sans succès.

NM : Est-ce que la maladie t’a empêché de mener une carrière?
CH : Non.  Je suis entré  à la Sureté du Québec j’avais 19 ans.  Après 20 ans de service, j’ai quitté la Sureté. J’étais au bout du rouleau, j’étais vraiment malade. Tout le monde sait que la job de policier c’est stressant. Quand tu réponds à un appel, c’est parce que ça va mal qu’il y a un problème en quelque part. Ça peut être un accident, un mort, un pendu, une chicane de famille. Tout ça c’est stressant. C’est pourquoi à un moment donné,  j’ai lâché ça. Je me suis réorienté dans le domaine du transport et j’y suis demeuré pendant 20 ans, là je pouvais y aller à mon rythme.

NM : Comment as-tu entendu parler de l’existence de mon programme?
CH : C’est ma blonde qui est tombée par hasard sur l’article dans le journal local*. Le 28 avril, j’ai acheté ton livre à la librairie. Quand je l’ai lu, j’ai immédiatement commencé le programme.

NM : Cela a pris combien de temps avant de voir une amélioration?
CH : Tout de suite, ça n’a pas été long. Après 5-10 jours, je voyais déjà une différence. Quand ça améliore ta qualité de vie à ce point, tu te dis wow…il y a de quoi là-dedans! Mon état de santé s’est amélioré à 90%. Je peux aller à la selle le matin, passer toute la journée jusqu’au lendemain matin sans y retourner. Bravo! Ça change ta vie.

NM : Comme je l’explique dans mon livre, la colite ulcéreuse n’est pas une maladie mystérieuse. Nous sommes l’auteur de notre propre malheur en faisant des mauvais choix alimentaires. Dans ton cas, quels étaient tes mauvais choix alimentaires?
CH : Cela a commencé jeune. Ma mère faisait des desserts, pour moi manger une tarte au complet y avait rien là. J’étais tout jeune quand mon grand-père faisait du sirop d’érable, c’était moi le champion de la cabane à sucre! J’ai donc toujours été un mangeur de desserts. J’aimais aussi le pain, les sauces à spaghetti, la pizza et j’étais un amateur de poivre.

NM : Comme tu le sais, le régime sans sucres et sans levures demande beaucoup de discipline. Trouves-tu cela difficile de suivre un tel régime?
CH : Les avantages que tu as d’être en santé, tu t’en fou de ne plus prendre de l’alcool ou de la bière. À l’âge où je suis rendue, j’en ai eu des petites douceurs. J’ai mangé plus que mon quota de sucreries, alors même si j’en sauterais une couple. Mon beau-frère m’a demandé l’autre jour : tu ne trouves pas ça dur? Non je ne trouve pas ça dur. Ça me passe 10 pieds par-dessus la tête. En autant que je mange, que j’ai de l’énergie pour faire mes activités, bravo la vie est belle.  À comparer d’attendre sur le perron et d’être à côté de la toilette.  Tu vois aujourd’hui je suis avec toi dans un parc et je n’ai même pas checké pour voir s’il y avait des toilettes.

NM : Moi non plus! (rire)
CH : Pour moi, la liberté c’est LA chose la plus importante dans ma vie. Je ne suis pas un grand planificateur alors si je décide de partir sur un coup de tête en voyage, je pars.

NM : Est-ce que le sucre te manque?
CH : Non. Je suis sevré du sucre.

NM : J’ai remarqué qu’en suivant ce régime, on devient beaucoup moins dépendant au sucre.
CH : Tout le monde le sait que le sucre est partout. Pas parce que c’est marqué sur la boîte qu’il y a zéro calorie qu’il n’y a pas de sucre là-dedans, ils mettent des faux sucres. Partout, c’est la malbouffe qui nous entoure, quand tu vas au dépanneur, à l’épicerie…En lisant ton livre, il y a la théorie, mais ensuite il faut mettre ça en pratique dans ta vie, parce que c’est quand même un régime anti-social.

NM : C’est vrai. Aujourd’hui je me rends compte à quel point la nourriture est chimique et industrielle.
CH : En mangeant différemment, on va à l’encontre de tout, du système économique et social. Comme tu le mentionnes dans ton livre, il y a 15 nouveaux produits qui sortent à chaque semaine et qui disparaissent au bout de 3 mois, c’est capitaliste au bout.

NM : Par quoi as-tu remplacé le sucre?
CH : Je suis un gros mangeur de pommes, je me fais des compotes de pommes, je mange des abricots séchés, des figues, des graines de tournesol, des graines de citrouille, ce sont mes desserts.

NM : Quel sentiment as-tu ressenti quand le programme fonctionnait pour toi?
CH : J’ai eu le sentiment que j’étais sur la bonne route. Tu étais mon héroïne. Je ne suis pas un gars qui se décourage facilement, mais c’est sûr que tu veux en venir à bout, tu veux avoir une solution. Tu sais comme moi le désarroi que ça peut occasionner. Quand tu n’as plus la santé, tu n’as plus de fun dans la vie.

NM : Comment réagissent tes proches en te voyant en santé?
CH : Ils sont bien contents pour moi.

NM : Comme je l’explique dans mon livre, la santé est un tout. Que fais-tu d’autre, à part suivre le régime, pour te maintenir en santé?
CH : Je fais de la natation, de la bicyclette, mon poids est stable. Je me suis entraîné toute ma vie étant donné que j’étais dans la Sûreté du Québec. Je me disais si j’ai un gars à arrêter, il faut que je sois plus en forme que lui. C’est la raison pour laquelle je me suis toujours tenu en forme.

NM : Quel est ton souhait pour l’avenir?
CH : Je retourne voir le gastro au mois de novembre. Mon objectif est que tout aille bien. C’est facile de dire on va se faire opérer et mettre un sac. Mon corps c’est sacré, j’en veux pas d’opération. Ce n’est pas dans mes projets de me faire couper un bout d’intestin. J’aime autant trouver une solution viable. Je veux que me santé continue à progresser pour le mieux.

NM : Je te le souhaite de tout cœur. Merci pour cet entretien fort enrichissant.
*Entrevue accordée au journal Le Plus dans l’édition du mercredi 24 avril 2013. Cette entrevue est disponible sur mon site internet à l’onglet Média.

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